Enfance

Naissance et vie à Koassa

Le 19 juillet 1953, Apollinaire Timpiga Compaoré naît à Koassa, dans un des villages du Département de Kombissiri, dans la province de Bazèga située dans la région Centre-Sud à environ 40 km de Ouagadougou, la capitale du Burkina Faso.

Très attaché à la mémoire et au souvenir de ce lieu, il y effectuait de courts séjours pour être en communion avec sa mère tant que cette dernière vivait encore, car il fut orphelin de père très tôt. Apollinaire affirme que Koassa représente la partie profonde de son être, ce qu’il définit comme ses origines, ses premiers souvenirs, ses premiers questionnements et ses premières envies pour sa vie d’adulte.

De parents paysans, il est initié aux travaux champêtres dès ses 5 ans. Quatrième d’une famille de 5 enfants (4 garçons et une fille), il se rappelle trottinant derrière ses deux grands frères, son père en tête de peloton, suivi par sa mère, rejoignant leur champ familial. « Je revois ce rituel comme si c’était hier, tant pour des travaux préparatifs avant les semences de mil, de sorgho, de maïs, que pour les périodes de récoltes marquées par le soulagement et la récompense de notre travail. Tout cela rythmé par la joie des festivités » affirme-t-il.

Il vit ainsi sa petite enfance et sa préadolescence dans son village natal où ses premiers apprentissages étaient consacrés à l’agriculture et au gardiennage de bovins jusqu’à l’âge de 12 ans. « Je ne suis pas allé à l’école du fait de l’absence d’un établissement scolaire dans mon petit village de Koassa, confie-t-il. Mes parents, n’ayant ni moyens financiers, ni relations familiales, ils ne purent m’envoyer étudier à Ouagadougou ».

 

Les premières prises de conscience

Pour ses parents, sa voie est toute tracée, il sera paysan comme eux, il cultivera la part du champ qui lui est dédié et les récoltes subviendront aux besoins de l’ensemble de la grande famille. Travailleur et ambitieux, il ressent très tôt un besoin de s’accomplir autrement et la nécessité de vivre dans un endroit offrant plus de possibilités de se réaliser. Grâce à ses moments de longue solitude en tant que berger, dans un environnement silencieux au point de pouvoir suivre le battement de son cœur et celui de certains de ses bœufs, ses réflexions s’affinent.

 

Arrivée à Ouagadougou

En 1965, il a 12 ans révolu, sa décision est prise. Il me faut agir, je pars à Ouagadougou la grande capitale, se dit-il. Il informe sa mère et ses oncles garant de l’autorité paternelle avec une détermination qui ne laisse pas place à la discussion et encore moins à la réprimande. Sa maman ne pouvait qu’exprimer son regret et son angoisse face au surplus de travail quotidien qu’allait provoquer son absence. Apollinaire prépare son ballot avec le peu de vêtements dont il dispose, sa mère y ajoute quelques victuailles et il marche vers la capitale.

Arrivé à Ouagadougou, il survit de quelques petits boulots pour se nourrir, dormant là où le sommeil le trouve. Il vit ainsi durant plusieurs mois.

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